LOI DES FINANCES 2009

LOI DES FINANCES 2009

Le gouvernement manque de visibilité et d’orientation

Le budget de l’Etat qui est actuellement débattu à l’Assemblée nationale pose un réel problème de cadrage et serait juste un artifice s’il venait à être adopté.

Le Cameroun sera bientôt doté d’une nouvelle loi des finances et comme chaque année à la même période les députés de la nation, depuis quelques temps passent au peigne fin les différentes articulations de cette loi. Et comme presque toujours, il ne faut pas s’attendre à voir les grandes lignes de ce budget modifiées. A y regarder de près le programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice budgétaire 2009, on est en droit de porter quelques réserves. Ce projet prévoit un taux de croissance de 4% du Pib et 3% du taux d’inflation, le tout bâti sur un baril autour de 70 dollars. Arrêtons nous juste à ce niveau et déjà apparaît l’une des plus grosses incohérences de cette loi des finances. Le prix du baril de pétrole avant même que cette loi de finance ne soit adoptée à l’hémicycle de Ngoa et Kellé est passé depuis sous la barre symbolique de 55 dollars. Le Cameroun est l’un des rares pays au monde à l’heure où tous les autres révisent à la baisse leur indice de croissance à cause de la crise financière que traverse la planète, a trouvé des raisons de maintenir le sien.

D’aucuns trouverons le moyens de dire que c’est un budget réaliste parcequ’il est basé à 80, 90% de financements internes, pour dire qu’on pourrait bien se passer de l’aide bilatérale et multilatérale. Mais c’est oublié que le précédent qui était à peu près bâti sur la même base n’a connu qu’un taux de réalisation de seulement 38%. On se demande bien quelles orientations le gouvernement a voulu donner à cette loi des finances, parceque nulle part dans ce budget n’apparaît une réelle stratégie ou volonté de celui-ci à vouloir prendre le taureau par les cornes pour résoudre de manière durable et définitive les grands problèmes auxquels sont confrontées les populations à savoir, le problème de l’énergie, le problème du chômage des jeunes, la vie chère, la misère galopante, etc restent sans suite si ce n’est du déjà entendu. Nos craintes sont davantage renforcées quant on sait que pour développer un pays, il faut prioritairement investir dans ces domaines suscités. Nous devons être ambitieux parceque si cette crise financière venait à s’abattre dans notre pays, seuls l’agriculture et nos petites et moyennes entreprises pourraient nous aider à en sortir. Chose curieuse, les budgets alloués aux ministères des petites et moyennes entreprises, à l’agriculture et à l’énergie sont tous restés stagnants quand ils n’ont pas purement et simplement été revus à la baisse alors que le budget de la République lui, est de 2301,4 milliards contre 2276 milliards en 2008, soit une augmentation de 25,4 milliards en valeur absolue et 1,11% en valeur relative. Interroger le camerounais, ils vous diront tous ou presque, nous voulons des réalisons concrètes. Le budget 2008 a été réalisé à 100% dans son volet fonctionnement, mais dans son volet investissement il n’a été réalisé qu’à 38% environ, ce qui naturellement ne satisfait pas une population dont le pouvoir d’achat ne cesse de baisser et qui, de plus en plus est excédée par la misère qui elle, ne cesse de gagner du terrain. En 2009, l’enveloppe allouée à l’investissement ne sera que 597 milliards y compris les ressources générées par l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Ppte, du contrat désendettement, développement (C2D) et l’Iadm. La loi des finances 2009 fatalement reste muette sur le cadrage que devra prendre les finances publiques à la fin du programme triennal avec les bailleurs de fonds prévu en janvier prochain. Attendons la fin de la présente session pour voir clair.

Emmanuel Ekouli

Laisser un commentaire

NAMASTE DOSTI |
Fan de Clint Eastwood |
KIEFER SUTHERLAND - MONKIEF |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Enzo et Eléo
| jean-pierre clech "des nouv...
| celine fait son cinema